Chamarel — Maurice

Chamarel est un village posé sur un plateau boisé du sud-ouest de Maurice, qu'on atteint par une route grimpant en lacets serrés depuis la plaine sucrière. Son nom porte plus loin que sa taille ne le laisse croire, grâce à un versant de terre striée de couleurs et à une cascade qui plonge dans un amphithéâtre de forêt.
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Pourquoi y aller
C'est ici que Maurice cesse d'être un lagon pour devenir un relief. Le plateau s'appuie sur la bordure de la plus grande réserve forestière de l'île, un enchevêtrement de ravines et d'arbres endémiques où survivent des oiseaux qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Depuis les belvédères de la crête, on voit les gorges d'un côté et, de l'autre, le bleu plat du lagon occidental fermé par une montagne de basalte au bout de sa presqu'île. Le village vit de cette géographie : les terres colorées, la chute d'eau, une distillerie qui presse la canne des pentes, du café planté à l'ombre, et quelques tables qui cuisinent ce que le plateau produit.
Réglez vos attentes en conséquence. Rien ici ne touche la mer, il n'y a ni promenade ni vie nocturne, les soirées sont noires et silencieuses, et les nuages s'installent volontiers sur les hauteurs quand la côte reste en plein soleil. En échange, vous découvrez une autre île : de l'air frais, des sentiers sous couvert, et des points de vue qui expliquent enfin comment le tout s'assemble.
Le climat mois par mois
Ce versant vit une année tropicale chaude et humide, avec une vraie respiration en son milieu. L'été concentre l'eau : 340,2 mm en janvier, 196,3 mm en décembre, pour des maximales de 28,4 °C et 28 °C et des nuits qui descendent à peine sous 21 °C. Mars et avril tiennent le même registre, 242,3 mm en 17 journées pluvieuses et 240,2 mm en 15, ce qui explique l'épaisseur de la forêt sous le village. La bascule intervient en mai, quand les précipitations tombent de moitié à 121,3 mm et les températures diurnes à 25,3 °C. L'hiver se révèle ensuite frais et capricieux plutôt que détrempé : 92,4 mm en juin, 81,3 mm en août sur 14 jours, et des nuits à 16,4 °C qui paraissent franchement froides à cette altitude. Septembre referme la séquence avec 69 mm en 13 jours, et octobre apporte la plus maigre récolte de l'année, 57,3 mm en 8 jours. Le cumul annuel, 1963,9 mm répartis sur 174 jours, vaut pour l'île entière ; sur le plateau, attendez-vous à ce que cette eau arrive plus souvent, par épisodes brefs, et sous un plafond plus bas qu'au bord de mer.
| Mois | Max. moyen (°C) | Min. moyen (°C) | Pluie (mm) | Jours ≥ 1 mm | Jours ≥ 5 mm |
|---|---|---|---|---|---|
| janv. | 28,4 | 22,0 | 340 | 18 | 11 |
| févr. | 28,5 | 22,0 | 254 | 17 | 10 |
| mars | 28,4 | 21,7 | 242 | 17 | 10 |
| avr. | 27,4 | 21,0 | 240 | 15 | 9 |
| mai | 25,3 | 18,6 | 121 | 14 | 8 |
| juin | 23,3 | 17,0 | 92 | 15 | 8 |
| juil. | 22,5 | 16,3 | 117 | 18 | 9 |
| août | 22,9 | 16,4 | 81 | 14 | 6 |
| sept. | 23,7 | 16,8 | 69 | 13 | 5 |
| oct. | 25,5 | 18,1 | 57 | 8 | 4 |
| nov. | 27,0 | 19,6 | 152 | 10 | 5 |
| déc. | 28,0 | 20,7 | 196 | 15 | 8 |
Source : Meteostat — station Chamarel (Maurice), à 18,0 km, 10 années d'échantillon. Cumuls mensuels reconstruits à partir des moyennes journalières.
Quand partir
Octobre offre les meilleures chances : 57,3 mm sur 8 jours de pluie, le minimum de l'année, quand les pistes forestières sont assez sèches pour marcher et que les belvédères de crête restent le plus souvent dégagés plutôt qu'avalés par les nuages. Septembre compte encore 13 jours de pluie, novembre 10, et de décembre à avril les averses d'été rendent les routes pentues savonneuses. Quelle que soit la saison, montez le matin : le plateau se couvre à mesure que la journée chauffe.
Les mois les plus favorables, sur ces relevés
- octobre
- novembre
Que voir en 2, 4 et 7 jours
En 2 jours
- Monter tôt et voir les terres colorées avant les navettes de groupes, le belvédère de la cascade étant compris dans le même billet.
- Marcher sur un sentier balisé le long du rebord des gorges, en choisissant un aller-retour plutôt qu'une boucle.
- Après-midi à la distillerie de rhum du plateau, dont la canne pousse sur place.
- Deuxième matinée en bord de mer, pour la plage au pied de la montagne de basalte, retour par le littoral.
- Terminer au belvédère de la crête au crépuscule, quand la lumière rase le lagon occidental.
En 4 jours
- Premier jour sur le plateau même : terres colorées, cascade, distillerie, puis dîner à une table d'hôte du village.
- Deuxième jour en forêt dans la réserve, en prenant un sentier de sommet depuis le parking haut et en y consacrant la matinée entière.
- Troisième jour au lac de cratère et à son sanctuaire des hauteurs, puis descente vers la baie de pêcheurs de la côte ouest.
- Quatrième jour à la plage sous le pic de basalte, avec un arrêt masque et tuba sur le récif si le vent le permet.
- Réservez une demi-journée aux belvédères de crête : ils méritent une seconde visite dans une autre lumière.
En 7 jours
- Deux jours autour du village : terres, chute, distillerie, plantation de café et les premiers surplombs sur les gorges.
- Une longue journée de randonnée dans la réserve, avec un sommet et une descente vers un bassin de rivière.
- Une journée sur la côte du sud-ouest : la presqu'île de basalte, sa longue plage au vent et le lagon derrière le récif.
- Une journée vers l'est à travers le pays sucrier, jusqu'aux falaises sauvages du sud et à leurs plateformes basaltiques.
- Une journée à l'intérieur, au lac de cratère et aux cols qui le dominent, avec un belvédère sur les gorges pour finir.
- Une journée en mer au large de l'ouest, à chercher les dauphins tôt puis à nager sur le récif ensuite.
- Consacrez la dernière matinée à la marche que la météo vous aura fait manquer dans la semaine.
Y aller et se déplacer
L'aéroport international (MRU) est à 31 km à vol d'oiseau, mais le chiffre trompe : la route contourne la côte sud avant d'escalader l'escarpement, si bien que le trajet dure bien plus longtemps que la distance ne le laisse penser. Louez une voiture ou réservez un transfert : les bus desservent le plateau chichement et cessent en fin d'après-midi. Les autres aéroports mentionnés ici appartiennent à La Réunion, une île distincte : Roland Garros (RUN), 201 km, et Saint-Pierre (ZSE), 221 km. Les routes locales sont étroites, raides et souvent mouillées, avec des piétons et des chiens sur les bas-côtés. On roule à gauche ; évitez la descente de nuit.
Aéroports les plus proches
- MRUSir Seewoosagur Ramgoolam International Airport31 km du centre
- RUNReunion Roland Garros Airport201 km du centre
- ZSESt Pierre dela Reunion221 km du centre
Budget
Niveau de prix du pays par rapport à la France : −48 %
Indice de prix « restaurants et hôtels », base France = 1000, issu des parités de pouvoir d'achat européennes. C'est une moyenne de pays : elle ne dit rien d'un hôtel en particulier.
Maurice se situe autour de la moitié des prix français, et le plateau revient encore moins cher que les stations du littoral. Les chambres d'hôtes et petits lodges vont d'environ 45 à 110 € la nuit, et un repas complet à une table du village se situe entre 10 et 25 €. L'entrée du domaine privé qui abrite les terres et la cascade constitue la seule dépense fixe, et la voiture de location est pratiquement obligatoire. Prévoyez du liquide : plusieurs adresses du plateau ne prennent pas la carte.
Les erreurs classiques
- Arriver en plein après-midi : le plateau accumule les nuages à mesure qu'il chauffe, et les points de vue se bouchent au moment où les groupes sont les plus nombreux.
- Monter en tenue de plage : les nuits tombent à 16,4 °C en août, les sentiers forestiers sont boueux, et les tongs ne tiennent pas sur les chemins des gorges.
- Lire la météo du littoral comme celle des hauteurs : le village peut être sous le crachin quand le lagon en contrebas reste ensoleillé, et l'inverse arrive aussi.
- Attendre une échelle monumentale : les terres colorées forment un petit versant clôturé ; ce sont la cascade et la forêt autour qui remplissent la visite.
- Compter se déplacer sans voiture : les bus passent rarement et les derniers départs sont plus précoces qu'on ne l'imagine.
Questions fréquentes
La cascade vaut-elle le détour hors saison des pluies ?
Oui, mais elle change de nature. Après les pluies d'été, c'est une colonne épaisse ; en septembre, avec 69 mm sur le mois, le débit se resserre nettement et l'on voit davantage la paroi derrière. Dans les deux cas, le vrai sujet reste l'amphithéâtre de forêt, et la plateforme d'observation se gagne en quelques minutes : le détour coûte peu, même par temps sec.
Peut-on enchaîner le plateau et la réserve forestière dans la même journée ?
C'est possible à condition de partir tôt et d'accepter une seule vraie marche plutôt que plusieurs promenades. Prenez les terres et la chute à l'ouverture, puis rejoignez l'entrée haute de la réserve pour un sentier au bord des gorges. Gardez les itinéraires de sommet pour un autre jour : les montées sont raides, le sol plein de racines, et l'humidité ralentit tout.
Vaut-il mieux dormir sur le plateau que venir à la journée depuis la côte ?
Une nuit sur place change la visite. Dormir en haut permet d'être aux terres à l'ouverture, de marcher en forêt avant que les nuages ne s'installent, et de voir la crête dans la lumière du soir quand les excursionnistes sont redescendus. La contrepartie : peu de tables, et qui ferment tôt. Deux nuits suffisent, sauf pour randonner sérieusement.
Mis à jour le 21 septembre 2026